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Le Féminisme

J’écris des articles parce qu’au fil des derniers mois, voire des dernières années, j’ai listé et fini par accumuler une série de sujets qui me passionnent et que je souhaite aborder. Du coup j’ai eu un peu de mal à sélectionner le sujet que je souhaitais aborder en premier. L’égalité des genres? un sujet d’actualité tellement vaste que j’ai eu peur de m’y perdre.

Après (l’agaçante) journée de la Femme 2019, je me suis pourtant penchée sur le sujet, et plus particulièrement sur le Féminisme. Le truc, c’est qu’en pensant au féminisme je me suis dit direct qu’il valait mieux éviter. Et puis je me suis demandée pourquoi: éviter de “passer” pour une féministe d’entrée de jeu. Il faut dire qu’en tant que femme, aborder le sujet de l’égalité des sexes en ayant un avis un peu trop “prononcé” et des arguments un peu trop solides revient juste à se tirer une balle dans le pied. Et à se faire coller une étiquette de féministe sur la tronche.

Certains d’entre vous m’imaginent déjà avec une grande gueule, prête à brûler mon soutif en acte de protestation: voilà le problème. La grande gueule certes, mais c’est loupé pour le soutif: je n’en porte pas. Voilà donc pourquoi j’ai consciemment décidé d’aborder ce sujet en premier. Est-ce que je me considère comme une féministe ? Définitivement pas. Pourquoi me pencher sur le sujet alors ? Tout simplement parce qu’il vaut la peine d’être abordé, avec une vision juste et impartiale. Définir le féminisme comme une notion fixe, immuable, l’associer à des clichés revient à mettre toutes les femmes qui se battent pour leurs droits dans le même sac. Je hais et je réfute toutes les vérités générales, car elles servent principalement à discréditer les opinions et croyances propres à chacun. Dans ce cas précis, cela revient à discréditer un mouvement mais aussi un message de haute importance.

Au travers d’un peu d’histoire et me basant aussi sur des expériences personnelles, voici donc l’opinion d’une non féministe, sur le féminisme.

Le féminisme: un bref récap

Si l’on se base sur une définition moderne du terme, le féminisme est “un ensemble de mouvements et d’idées politiques, philosophiques et sociales, qui partagent un but commun : définir, promouvoir et atteindre l’égalité politique, économique, culturelle, personnelle, sociale et juridique entre les femmes et les hommes.” (source: Wikipédia)

Féminisme est donc le nom que l’on a donné à la lutte pour l’égalité femme-homme, tant dans la vie civile que privée. Le terme apparaît au 19e siècle. La première vague de féminisme s’étend de 1850 à 1945 avec le droit au vote comme revendication principale, mais aussi le droit au travail, à l’éducation, à la propriété et au divorce. L’objectif est la réforme des institutions pour instaurer l’égalité des femmes et des hommes au niveau de la loi. La deuxième vague commence en 1960 et aborde des questions plus vastes mais plus taboues comme le droit à la procréation. Si le mouvement est général, il se différencie de pays en pays, de la même façon que le degré d’oppression et le niveau des inégalités peuvent varier d’une zone géographique à une autre. Si les inégalités homme-femme se retrouvent partout, elles varient également en fonction du passé historique, de l’influence religieuse, culturelle, ou de l’avancée technologique d’un pays. Ainsi, jusqu’à aujourd’hui, dans des zones comme le moyen orient, il est clair que les droits de la femme (tant au niveau de la vie civile que privée) sont considérablement réduits, si comparés avec l’Occident.

Le féminisme d’aujourd’hui

Le droit à l’égalité, dans tous les domaines (privé, professionnel) est étroitement lié au droit humain, une notion essentielle en 2019. Si depuis la première vague de féminisme, les inégalités homme-femme ont été considérablement réduites dans la plupart des régions du monde (exceptions mises à part), le chemin vers l’égalité est encore long.

Si à l’origine les femmes se sont battues pour obtenir des droits fondamentaux comme le droit de vote, il semblerait que la bataille ait aujourd’hui changée. Il ne s’agit plus d’une bataille pour obtenir des droits légaux, juridiques, comme le droit à l’avortement. Il ne s’agit plus non plus d’un combat pour la légitimité de l’égalité homme/femme au niveau des institutions ou de la loi. Les femmes ont été oppressées depuis toujours, par des sociétés prônant une masculinité toxique, Cette masculinité oppresse aujourd’hui également les hommes, qui se voient déboussolés dans leur rôle, et cet aspect semble encore plus tabou.

Si les femmes ont aujourd’hui le droit de travailler, de voter, de divorcer dans la plupart des pays, elles restent une minorité quotidiennement oppressée, qui continue un combat de façon différente. Il s’agit d’un combat quotidien contre des pratiques, des opinions et des mentalités qui ont encore à ce jour du mal à changer. Il enveloppe tous les domaines et tacle des sujets comme le patriarcat, les inégalités sociales: l’accès à des postes à responsabilité, l’égalité salariale, les inégalités dans les relations amoureuses ou les violences domestiques.

Si les lois ont eu du mal à évoluer, les pratiques de la vie quotidienne sont encore plus difficiles à changer. Celles-ci sont admises depuis la nuit des temps, elles se passent de génération en génération. Il ne s’agit plus d’une seule loi à changer, mais de milliers de traditions à contrer, d’esprits à éduquer et de comportements à réapprendre.

Si l’environnement, la géographie, ou la religion ont un impact important, le poids des traditions est le plus lourd. L’impact familial, l’éducation donnée au sein de chaque famille peut être déterminante (éduquez vos enfants!). Ainsi, un homme qui grandit dans un environnement où la femme est dévalorisée par rapport à l’homme, aura difficilement d’autres points de repère que ceux qu’il a connu dès son plus jeune âge. Il aura tendance à reproduire le même schéma, de façon plus ou moins consciente,  la plupart du temps sans se forger sa propre idée des rapports hommes femmes.

Aujourd’hui le mouvement féministe a changé, il s’est radicalisé en partie. Certains dénoncent l’effet de groupe des mouvements récents comme le FEMEN, en pointant du doigts les dérives et parfois la violence. On peut cependant difficilement valoriser l’individualisme face au groupe pour la défense d’une cause sous prétexte qu’il crée moins d’agitation.

Il ne me semble pas non plus que les suffragettes de l’époque se battaient chacune de son côté. Il est vrai que la dérive et la violence sont des effets secondaires des mouvements actuels, dans certains cas. Comme partout. Il est propre à l’humain d’interpréter une cause et de la défendre de manière différente, que ce soit pour tacler les inégalités de genre, de race, de sexe et j’en passe.

Certaines actions radicales d’aujourd’hui choquent: certaines féministes font du bruit, elles manifestent à poil et brûlent leur soutif en signe de contestation. Certaines féministes manifestent en silence, de par leurs actions quotidiennes. Bienvenue en 2019, où nous avons la liberté de nous exprimer de différentes façons, où nous avons démultiplié les moyens de communication et généralisé l’accès à l’information. Certains individus et mouvements, malheureusement, discréditent le message de coeur qui reste lui cependant inchangé. Est-ce cependant une raison pour généraliser et discréditer tout le mouvement féministe? Je ne crois pas.

Cela ne revient-il pas à vouloir faire taire le mouvement féministe actuel? Certains se demandent pourquoi les femmes continuent de se battre. A coup de graphiques et d’enquêtes, on va jusqu’à vouloir nous “prouver” la quasi égalité homme/femme dans divers domaines. Si les progrès sont indéniables, pourquoi se battent donc les féministes d’aujourd’hui?

Pourquoi se battent alors les femmes d’aujourd’hui?

En tant que femme, laissez-moi vous le dire: elles se battent pour tout, dès leur plus jeune âge. Cela commence avant que l’on soit nées: les petites filles auront le droit à une chambre et à une garde-robe rose. Un peu plus tard elles pourront jouer à la poupée et à la dinette pendant que les petits mecs s’amusent avec leurs trains et leurs figurines de guerriers. Alors oui, le problème commence à ce moment-là, avec ces clichés qui continuent de creuser un fossé entre nous dès notre enfance. Il est temps de faire évoluer les mentalités.

De la même façon, on a tendance à éduquer les garçons à être forts, à ne pas pleurer. On a aussi plutôt l’habitude de les laisser sortir plus souvent et plus tard que les petites filles, il faut bien l’avouer c’est moins risqué. Certes, mais ça ne devrait pas l’être. Un garçon qui joue à la dinette et qui pleure, c’est faible, ou c’est “gay”. Et ça contribue à forger une idée complètement fausse des comportements de chacun, qui perdure jusqu’à l’âge adulte. Un mec qui pleure c’est toujours aussi faible, et toujours aussi “gay”.

Quand t’es une fille t’es forcément émotive, voire “instable émotionnellement”, mais c’est normal non? t’es bourrées d’hormones et si en plus t’as tes règles alors forcément ça explique tes humeurs. Je dis NON.

Quand t’es une fille, la réalité c’est que t’es prise pour une petite chose fragile. Certains vont jusqu’à évoquer la biologie et la science pour expliquer les différences entre l’homme et la femme. L’homme est plus fort physiquement, c’est indéniable, il n’est pas pour autant en position de force dans tous les domaines. Et puis, ce n’est pas parce que dès l’âge de pierre quand il partait à la chasse pendant que cro-mignonne restait dans la cave pour dépecer ses trophées, que le schéma doit se répéter. Encore une fois, je dis non.

Quand t’es une fille, t’es une victime. Du regard des autres pour commencer. En tant que mec tu t’es déjà retenu de porter un pantalon trop moulant ou un décolleté par PEUR d’aguicher les autres? Je ne crois pas. En tant que mec tu t’es déjà fait traiter “d”allumeur” parce que ta tenue, ou tes propos étaient un peu trop ambigus? Je ne crois pas non plus.

Quand t’es une fille, t’es une victime au quotidien. En tant que mec tu as souvent peur de rentrer chez toi tout seul passé une certaine heure? Tu ressens une appréhension à passer devant un groupe de mec dans la rue parce que tu sais pertinemment que tu vas te prendre une remarque?

On ne va pas se mentir, quand t’es une fille tu te prends des regards, des remarques et même des insultes, partout, tout le temps. Certains diront que je dramatise, c’est juste un fait. Quand t’es une fille, on t’aborde, on te suit, on te lance des regards dégueulasses. Comme si cela ne constituait pas du harcèlement ni une agression.

“Wesh mademoiselle t’as pas un zéro six? Non? Tu réponds pas? SALOPE!”

Faisons un sondage, pour savoir combien de filles et femmes n’ont jamais eu cette expérience.  Si en plus t’as le malheur d’être jolie et bien habillée, alors on te reprochera en plus de le chercher. Même si t’es la victime d’un viol hein, après tout t’avais qu’à te couvrir et ne pas traîner dans la rue si tard. Il y a aussi ceux qui mettront cela sous le coup des pulsions: un homme a des besoins, il ne sait pas se tenir. C’est donc à la femme de ne pas le tenter plus que cela. Mais bien sûr. Le truc c’est que le contraire n’est jamais valable. Les rôles ne sont jamais inversés. Il n’est pas valable de parler d’inégalités dans ce contexte?

Je pourrai continuer sans fin. Un homme qui couche et enchaîne les conquêtes c’est un Don Juan. Au pire il se fait railler par ses potes qui, au fond on se l’avoue, l’envient un peu aussi. Une meuf qui fait pareil, c’est une pute. Un mec qui trompe sa copine ou sa femme, fait surement une crise de la quarantaine. Une femme qui fait pareil, c’est une pute. Un homme qui a un poste à responsabilité et qui agit de façon arrogante, c’est un leader. Une femme a la place, c’est une pute (frustrée, qui aime se faire rabaisser au pieu – cf la théorie plus bas).

Parlons ensuite d’égalité salariale. Qu’en est-il vraiment? Oui les femmes ont de plus en plus accès à des postes à responsabilité et en 2019 certains pays ont même rendu illégal le fait de sous payer les femmes par rapport à leurs confrères masculins. Toujours est-il que dans le monde du travail, il reste un fossé entre les femmes et les hommes.

Mais plutôt que de vous servir de jolis graphiques, je tiens à partager une expérience personnelle avec vous. Ayant travaillé au sein d’une multinationale basée à Amsterdam, dans un département proposant des solutions pour la gestion de flottes commerciales, autant vous dire que j’en connais un rayon sur les inégalités homme/femme au travail. En tant qu’assistante commerciale d’une équipe composée à 85% d’hommes, il m’était très difficile d’affirmer ma légitimité. Quand les commerciaux n’étaient pas occupés à se la mesurer dans un combat de coqs, ils ne se gênaient pas pour me prendre pour leur secrétaire attitrée. Certains de mes collègues se permettaient de me “remettre à ma place” en me rappelant que j’étais au service facturation et que donc je ne devais pas trop prendre mes aises avec les conflits commerciaux. Parlons donc d’égalité.

La vérité c’est qu’en 2019, si les femmes commencent à se faire une place dans des milieux majoritairement composés d’hommes, cela reste très difficile pour elles. La vérité, c’est qu’en 2019, pendant un entretien d’embauche, on va te demander comment tu vois ton avenir et si tu comptes fonder une famille. Qu’on vienne me dire que ce n’est pas pour “considérer” le congé maternité comme un obstacle à la productivité de l’employé (et donc de l’entreprise). La vérité c’est qu’en 2019, beaucoup d’hommes qui gagnent moins que leur partenaire ou leur collègue femme vont être en colère ou déstabilisés. J’en ai moi-même également fait l’expérience en commençant mon emploi actuel. Je me suis rendue compte que plusieurs hommes (anciens collègues et actuels) discutaient de mon salaire dans mon dos, comme s’il s’agissait d’une menace à leur propre valeur personnelle et sur le marché. Mon partenaire de l’époque n’a su que me dire “Ah ouais, quand même, tu vas gagner plus que moi”. Ben oui.

Un autre homme que je côtoyais avait une théorie: plus les femmes occupent des postes hauts placés dans leur travail, plus elles cherchent à se faire dominer au lit. Je sens déjà certains d’entre vous acquiescer. “C’est un peu vrai quand même non?” Non, c’est absolument faux. La légende est belle, je me demande si elle vous plaît car elle rabaisse les femmes dominantes dans au moins un aspect de leur vie. Je ressens dans cette façon de penser un besoin qu’ont certains hommes de trouver une explication qui valorise leur masculinité comme position de force. Ces hommes voient les femmes émancipées, libres, et ayant du pouvoir comme une menace, tout simplement.

De plus, au travers de ma propre expérience, je trouve étrange que beaucoup de pervers narcissiques ont tous un point commun: le fait d’être ouvertement misogynes et extrêmement virulents quand on aborde le sujet du féminisme.

Depuis les premiers bordels et jusqu’à aujourd’hui, la majorité des prostituées sont des femmes. De même, la majeure partie de l’industrie du X cible les hommes, avec des films mettant en scène des femmes-objets, souvent rabaissées, dominées par des hommes. La vérité c’est qu’en 2019, les ados s’identifient à ce genre de films, pour reproduire le même genre de schéma et biaiser à jamais les relations hommes/femmes. Clairement plus le même combat que les suffragettes, est-il pour autant moins important?

Un de mes récent partenaire m’a expliqué n’être excité que par l’acte de dénigrer physiquement une femme: en lui pissant dessus par exemple ou en la forçant à lui faire un anulingus. Issu d’une famille riche, il copiait simplement les comportements observés dès son plus jeune âge: un père infidèle mais aussi millionnaire, enchaînant les conquêtes et se vantant auprès de son fils de “se faire lécher le cul par une ribambelle de mannequins”. Wow, classe la façon d’affirmer son pouvoir et sa masculinité non?

Je cherche quoi du coup? A changer des millénaires d’histoires et remplir les vitrines du quartier rouge d’Amsterdam avec des mecs en caleçon en cuir? OUAIS, pourquoi pas. Je sens que ça vous fait rire, et dans le fond vous ne trouvez pas que c’est un problème? Pourquoi est-ce ridicule dans l’autre sens? Le corps de la femme est objectivé, sans arrêt: sur les panneaux publicitaires, dans les films, dans la vie réelle. Celui de l’homme l’est nettement moins. Alors non, ne me parlez pas d’égalité.

La journée de la Femme 

Enfin, au moins en tant que femme on a la chance d’avoir une journée entière qui nous est dédiée. On va nous offrir des fleurs et nous organiser des séminaires de soutien dans notre lutte pendant la Journée internationale des femmes. Hypocrite much?

Pour commencer, pourquoi n’y a-t-il pas de journée internationale de l’Homme? ça vous fait sourire comme les putes hommes à Amsterdam c’est ça?

La journée de la femme, à part creuser le fossé de l’inégalité des sexes ça sert à quoi? Éventuellement à ta start-up d’avoir l’air “cool” en organisant un séminaire sur le sujet. Après tout, toute entreprise qui se respecte se doit d’être à la page et de bien se faire voir. Valoriser l’égalité des genres est à la mode. On peut aussi appeler ça discrimination positive, c’est juste une nuance de propos et personnellement, ça me dégoûte.

Quand t’es une fille, c’est génétique (et dans la Bible qui plus est), tu portes l’enfant, du coup forcément ta place est à la maison, pendant que ton mec ramène le gagne-pain. Ce n’est pas moi qui le dit, c’est Jésus, et des millénaires de mariages réussis qui le prouvent. Ainsi, pour certains hommes, le rôle de la femme dans le foyer est bien défini: elle dédie sa vie à sa famille, à ses enfants pendant que l’homme subvient à leurs besoins.

Aussi surprenant que cela puisse paraître, même les “jeunes” générations peuvent avoir cette mentalité. Mon ex copain José (big up à toi), que je fréquentais à l’Université, s’est le premier permis de me traiter d’égoïste pour ne pas adhérer à cette façon de penser.

Nous étions en pleine discussion sur l’avenir, et j’affirmais vouloir une vie de famille en accord avec ma vie professionnelle. A l’issue de mes études, je voulais un poste à responsabilité, mais aussi ne pas dédier ma vie à être uniquement une femme au foyer. Nos avis peuvent diverger certes, mais cela lui donnait-il le droit de me qualifier d’égoïste? Issu d’une famille mexicaine traditionnelle et très religieuse, ce n’est qu’en visitant la ferme de ses parents au Colorado que j’ai pu “comprendre” ce genre de discours.

Son père avait pour habitude de rentrer très tard du travail, pour mettre les pieds sous la table ou devait l’attendre un repas chaud. Quitte à réveiller sa mère au milieu de la nuit. Pendant ce séjour j’ai aussi été surprise d’apprendre que ses parents nous pensaient tous les deux vierges, attendant le mariage pour consommer notre relation. Un peu hypocrite de la part d’un mec qui envoyait ses dickpics à des inconnues sur internet. Jose pensait aussi que les femmes qui avaient plusieurs partenaires sexuels étaient des putes.

Le poids des traditions donc, est extrêmement dur à changer. Côtoyer un homme comme Jose m’a fait comprendre que l’intention peut ne pas être mauvaise. Il était persuadé de prêcher le bon, et d’avoir ces idéologies comme standard d’une vie juste et droite aux yeux de Dieu. A ses yeux la femme a un rôle bien défini, qui rentre dans un schéma de famille traditionnelle, admis depuis toujours comme un standard. Si l’intention n’est pas mauvaise, elle ne rend pas pour autant cette façon de penser “acceptable”. Me considérant comme une personne extrêmement tolérante et ouverte d’esprit, ces concepts basiques de droits humains n’ont jamais pu être ouverts à la discussion.

“Oh non tu vas pas me dire que t’es une féministe?”: l’anti Féminisme actuel

Si les comportements décrits plus hauts se font plus “rares” qu’à l’époque de ta grand-mère, ils sont toujours bel et bien présents. Le problème c’est que souvent ils sont là de façon “cachée”. Soyons honnêtes, sur ces hommes-là, tyrans dans leur foyers, je me demande bien combien l’assument au grand jour? Une partie probablement, mais je doute que ces hommes se présentent sous leur vrai jour au début d’une relation ou exposent leurs points de vue en société. Il est une chose d’avoir une opinion, il en est une autre de l’assumer aux yeux des autres.

Lors de discussions sur le sujet de l’égalité des sexes, plusieurs hommes que je fréquentais m’ont fait la même réflexion, qui a contribué grandement à l’élaboration de cet article: “Oh non tu vas pas me dire que t’es une féministe?

Je parle des hommes, mais je vise les femmes également. En fait, je vise tous ceux qui, lorsque l’on débat sur le sujet, vont me coller une étiquette de “Féministe” pour me discréditer. Déjà, ça veut dire quoi être une féministe? Tu pourrais avoir la courtoisie de connaître mon opinion sur le sujet, et d’écouter mes arguments avant de me catégoriser.

J’ai l’impression que beaucoup d’hommes (et de femmes) font aujourd’hui l’amalgame entre lutte pour l’égalité des sexes avec des groupes de protestation violents. Je tiens à clarifier la chose si mon discours est trop vague: je ne tiens à agresser personne, il ne tient qu’à vous d’interpréter mon discours de la façon dont vous voudrez. Le truc, c’est qu’aujourd’hui, de plus en plus de gens se sentent agressés par les mouvements de lutte pour l’égalité des sexes. Certains vont jusqu’à employer le terme “Femi-nazi”. L’association des mots dépasse l’entendement. Et la discussion, dans ces cas-là, doit commencer par l’éducation, afin de contrer la bêtise des propos employés.

Il est facile de pointer du doigt les mouvements féministes, en avançant que ces femmes-là, de par leur position et actions, vont à l’encontre de l’égalité qu’elles prônent, en étant “anti hommes”. On peut pointer du doigts les inégalités actuelles, sans être dans le conflit. Pourquoi certains hommes se sentent-ils menacés?

Peut-être qu’une partie a tout simplement peur. Certains hommes ressentent une peur irrationnelle face à des femmes qui s’affirment trop. Rassurez-vous messieurs, il ne s’agit pas d’une attaque personnelle à votre virilité, aussi importante soit-elle pour vous. Cela signifie tout simplement que nous n’allons pas nous taire pour autant, face aux inégalités qui sont toujours présentes et qui gâchent NOS vies. Oui, il est propre à chacun de se faire entendre de la façon dont il le souhaite, et oui les dérives sont présentes. Il faut cependant arrêter de généraliser, et de discréditer un message qui lui aussi commence à se passer de génération en génération: les femmes en ont MARRE d’être considérées différemment des hommes.

Je ne considère par l’homme comme un oppresseur, je considère des milliers d’années de traditions, de pratiques admises, de mentalités fermées au changement comme OPPRESSANTES. Et oui, je trouve que même en 2019, même face aux progrès accomplis, il est toujours, non pas important, mais nécessaire d’en parler.

Les hommes n’en sont pas pour autant laissés pour compte. Comme le mentionne Mark Manson dans son article WHAT’S THE PROBLEM WITH FEMINISM? : “I’m a straight white male and don’t deal with the shit women deal with on the regular”. Non Mark, if you did, you would review certain points of your article. Tout comme une personne blanche ne comprendra jamais la stigmatisation d’une personne de couleur, les vraies difficultés que cela pose toujours au quotidien, un homme ne comprendra jamais l’oppression faite aux femmes.

Alors pour te répondre Mark, quel est le problème avec le féminisme? Aucun.

La critique du féminisme est un moyen pour beaucoup de discréditer le vrai message derrière, en le tournant au ridicule par exemple. Et ça, ce n’est pas acceptable. Il n’y a pas de problème avec une minorité qui se bat pour ses droits. Ou alors il faut aller emmerder les minorités raciales, religieuses et tous les autres aussi, si aucun combat n’est légitime. Chaque minorité se bat avec les dérives engendrées par des branches, qui ne représentent pas la majorité. Il semble que le problème vienne de l’être humain en lui-même: pourquoi est-il si difficile d’accepter cela?

Pour conclure sur le Féminisme

Quelle conclusion tirer? Il est facile de dire: pour atteindre l’égalité la seule chose à faire est d’être présente (dans les postes à responsabilités, dans les “milieux d’hommes” etc) mais en ne faisant pas trop de bruit.

FAITES DU BRUIT. Parlez, révoltez-vous. Battez-vous pour vos opinions, et ce qu’elles représentent pour vous de la façon qui vous ressemble. Chacun mène son propre combat. Il n’y que votre voix qui fera changer et évoluer les mentalités. Ne laissez pas les autres vous catégoriser, et vous enlever votre légitimité.

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